Étape 10 - Le miso - variantes avec ou sans soja
Sébastien de Ferment'Nation réalise un grand nombre de variantes de miso, avec ou sans soja.
Voici sa comparaison entre les grands types de miso :
"Au Japon, il existe 2 grandes catégories de miso :
1. Soja + céréale (orge ou riz)
2. Soja seul
1. Dans le premier, on fait pousser une moisissure spécifique sur la céréale cuite, avant de la mixer avec le soja (et du sel) et de mettre le tout en bocal. Les enzymes qu’aura produite la moisissure permettront de décomposer à la fois les protéines du soja en acides aminés, ce qui apportera le goût typique d'umami du miso, et l’amidon de la céréale en sucres simples, ce qui lui donnera un goût légèrement sucré.
2. Dans le deuxième type de miso, on n’utilise que du soja, sur lequel on fait directement pousser la moisissure. On a donc un résultat très chargé en umami, mais avec très peu d’amami (le goût sucré), car le mélange contiendra beaucoup plus de protéines, et beaucoup moins d'amidon.
En plus, comme la moisissure pousse directement sur le soja, sa structure est déjà bien décomposée au moment d’en faire une pâte et de la mettre en bocal pour la transformer en miso. On peut donc obtenir un miso très « affiné » en quelques mois (ici 4 mois), contrairement à la version avec des céréales, qui demande beaucoup plus de temps.
Le résultat sera donc plus fort, plus puissant, et moins sucré.
On peut faire la comparaison avec les deux célèbres sauces soja japonaises, le shoyu et le tamari, qui sont différentes de la même façon : le shoyu, plus accessible, contient à la fois du soja et du blé (mais contrairement au miso soja céréale, on fait pousser la moisissure sur les deux), et le tamari, plus puissant, ne contient que du soja, c'est la même recette que le miso de soja que je vous présente ici, mais avec une quantité d'eau plus importante."
Voici le post instagram où Sébastien de Ferment'Nation présente son miso de chataigne et explique la logique derrière les recettes de miso qui remplacent tout ou partie du soja par d'autres ingrédients.
"Depuis quelque temps, il y a une grande mode qui consiste à substituer les ingrédients de base du miso japonais par d'autres, qui contiennent des compositions en macro-nutriments (glucides, protéines, et lipides) similaires.
Pour faire un miso, on commence par faire pousser une moisissure bien spécifique sur du soja (pour faire du miso 100% soja), ou sur une céréale (pour faire du miso de soja et céréales), avant de la mixer avec du soja cuit.
La moisissure qu'on fait pousser sur le soja est un peu différente de celle qu'on fait pousser sur les céréales. Elles sont de la même familles, mais elles ont leurs préférences.
1. L'une préfère les protéines, on l'appelle Aspergillus sojae, on la fait donc pousser sur le soja, qui contient surtout des protéines. On appelle le résultat du 'koji de soja'
2. L'autre préfère les glucides, on l'appelle Aspergillus oryzae, et on la fait donc pousser sur les céréales, qui contiennent surtout des glucides, ce qui nous donne du 'koji de riz ou d'orge', par exemple. Ensuite, on mixe ce koji avec le soja, la moisissure ne survit pas à cause de l'absence d'oxygène dans la pâte, mais les enzymes qu'elle a produite pour décomposer les nutriments de la céréale et se nourrir si. Ces enzymes vont donc continuer à décomposer la céréale pendant cette deuxième fermentation et s'attaquer aussi au soja.
Mais je n'ai jamais vu l'inverse : du koji de soja mixé à une céréale, ou à une autre source de glucides. J'ai voulu tenter le coup avec des châtaignes que j'étais allé ramasser en forêt, et le résultat est incroyable. La châtaigne grillée vient balancer la puissance et l'amertume du miso pur soja et lui apporter beaucoup de douceur, ce qui donne un résulat beaucoup plus équilibré à mon goût.
La surprise pour moi est de constater que l'aspergillus sojae est aussi vraiment capable de décomposer les glucides (en sucres simples, ce qui apporte ce goût sucré délicieux), il ne se contente pas de décomposer les protéines. Et pour un miso affiné seulement 3 mois, c'est assez incroyable !"
Voici son retour d'expérience pour un miso au sésame grille (délicieux gout de jambon fumé)
Voici son retour d'expérience pour un miso de pois-chiche.
Voici son retour d'expérience pour un miso de lupin et de riz.
Voici son retour d'expérience pour un miso de coco de Paimpol.
Voici son retour d'expérience pour un miso de graines de tournesol torréfiées. Visuellement on dirait du fondant au chocolat!